Concept de la discipline

Dojo Kaizen / triptyque yoseikan budo

Concept de la discipline : "un Art, une Voie, une Technique"

C'est d'abord et avant tout un concept non fondé sur un dogme. Il reste donc en perpétuelle évolution comme le Yoseikan Budo et le combat russe dont je m'inspire. Je revendique d'ailleurs la plus grande influence issue des enseignements de Jean François Demoulin (*), maître de Yoseikan Budo, que je suis de façon quasi quotidienne depuis plus de 7 ans et qui a su me démontrer principalement la méthode d'entraînement à adopter, ainsi que les aspects tactiques et stratégiques indispensables trop souvent laissés pour compte.
 
Le Yoseikan Budo que je pratique est une discipline complète (façon ju jitsu) qui agrège différentes techniques dans un tout cohérent avec une forme de corps spécifique. Nous étudions les 3 phases d'un combat avec ou sans arme en y incluant toutes les tactiques possibles, à savoir :
 
- le combat debout (distance longue et courte) avec les différents blocages, coups frappés (Atemi poings pieds) sur les points vitaux du corps humain, osseux, musculaires ou internes/nerveux, les esquives, les déplacements 
- la préhension, la phase d'accrochage, de corps à corps (atemis, contrôles, projections, clés et luxations, liaisons debout-sol)
- le combat au sol 
 
Il s'agit d'utiliser toutes les armes naturelles du corps. Cependant, il est surtout primordial d'éviter les situations dangereuses en sachant les décrypter pour mieux les anticiper. Nous devons trouver l'équilibre entre l'inquiétude inutile et l'insouciance pouvant nous rendre vulnérable. Plus nous serons capables de projeter de l'assurance et de la sérénité, moins nous attirerons l'agression. Nous ne devons pas aggraver les hostilités mais bien au contraire étouffer le conflit dans la mesure du possible, sans agir de façon vulgaire en privilégiant le contrôle de la situation pour faire échouer les menaces de l'agresseur (en sortant de sa ligne d'attaque pour commencer, le punir physiquement n'étant que le dernier recours).  A travers cette recherche d'efficacité, le but ultime est plus encore de mieux se connaître et d'éprouver toutes les facettes de la relation à autrui. Les exercices d'opposition ne sont qu'un prétexte pour envisager les différents blocages (physiques et psychologiques) et préjugés que nous subissons, ainsi que ceux avec nos partenaires pour améliorer en définitive notre conscience de soi et de l'autre et tendre vers une influence volontairement harmonieuse entre les deux ou pas (en cas de désaccord extrême). Ils cristallisent les 3 réactions possible face à une confrontation : la fuite, l'immobilisme, l'échange.
 
 
Le concept Yoseikan Budo est-il une seule synthèse des arts martiaux traditionnels et comment se différencie t-il du MMA ?
 
Je m'appuie énormément sur ce karaté style Yoseikan Budo mais à la façon peu orthodoxe de Jean François DEMOULIN (qui a su y mettre en pratique un plus grand réalisme - voir son site https://www.jfdemoulin-arts-martiaux.fr/). C'est un art martial complet qui englobe des techniques de percussions (pieds, genoux, mains, coudes, tête…), de clefs (torsions et extensions articulaires), de projections, d'immobilisations, d'étranglements et d'armes. Cette méthode originale met en évidence la logique commune entre les différentes techniques de combat à mains nues ou avec armes : ce fil conducteur est le « mouvement ondulatoire » basé sur des principes bio-mécaniques largement justifiés puisque utilisés de la même façon dans n'importe quelle activité sportive à haut niveau. il consiste à solliciter la puissance du corps tout entier à la manière d'un fouet (principe de translation, effet de levier, force centrifuge ou centripète, etc) qui est ensuite transmise à un membre ou une extrémité, par un mouvement d’onde (de plus en plus courte pour devenir vibratoire quand le pratiquant atteint un stade plus avancé). Ceci permet d’optimiser la puissance et l’efficacité de tout mouvement.
 
C'est exactement la même chose dans le concept du combat russe ou du systema, qui se distingue aussi d'une simple synthèse. C’est une méthode développée selon le principe de permettre à chacun de développer une forme de corps adaptable à tous les types de frappes, de percussions, de contrôles, pour faire évoluer le combat de la très longue distance (armes) à la plus courte (faire des clés, projeter et travailler au sol).
 
Le répertoire technique et pédagogique est donc en perpétuelle évolution et amélioration, et ne s'arrête quand fonction de la créativité de l’enseignant. Une différence important avec le concept de beaucoup d'arts martiaux traditionnels est l'emploi de la ruse. L'étude d'un "Budo" ne doit pas être un pretexte pour nous fragiliser, bien au contraire. La ruse fait partie de la vie et il vaut mieux en avoir conscience. Nous pouvons ainsi déceler les différentes tentatives de manipulation nous laissant libres ensuite de les exploiter, nous y soustraire ou carrèment nous en affranchir mais en connaissance de cause.
 
En MMA, il est pratiqué une synthèse la plupart du temps qui se fonde sur des méthodes déjà existantes et il essaye de les combinent entre elles. Pourtant, la plupart des pratiquants en fonction de leur qualité propre, de leur gabarit, etc vont privilégier assez tôt certains aspects du combat. Néanmoins, le MMA a permis là aussi, plus qu'une synthèse, de développer la phase spécifique de combat de liaison debout-sol, qui est aujourd'hui incontournable, que l'on étudie suivant nos choix stratégiques soit pour mieux s'en sortir et rester debout ou soit entraîner l'autre au sol quand c'est notre point fort. Il est donc devenu une discipline à part entière et qui n'est plus qu'une simple synthèse entre différents arts martiaux. 
 
Ce qui m'intéresse plus dans l'approche du Yoseikan Budo toujours sous l'inspiration de Jean François DEMOULIN, c'est l'étude de katas (suite de mouvements dans le vide, qui n'existent pas en MMA et qui sont réservés à des pratiques traditionnelles) suite de mouvements réalistes, qu'offre cette discipline, qui peuvent s'appliquer véritablement dans le combat réel. Ils permettent au pratiquant d'identifier les différentes possibilités tactiques d'un combat tout en gardant une forme de corps et une base technique identique pouvant servir dans une distance longue, courte ou de corps à corps, qui plus est avec ou sans arme puisque l'arme n'est que le prolongement de la main. Les katas constituent la mémoire de l'enseignement. Ils sont utiles en offrant la possibilité au pratiquant de s’entraîner seul. C'est surtout une jolie fabrique à mystères. En y cherchant le sens, ils deviennent une baguette magique pour celui qui a su mettre en oeuvre les principes cachés. Il polit l'homme sincère vers sa véritable nature authentique, son expression corporelle n'étant plus que le reflet de ce qu'il est au fonds de lui.
 
C'est à mon sens, le support fondamental qui différencie toute pratique martiale d'un simple sport, en ne se contentant pas de mettre des individus dos à dos, mais en développant leur conscience d'eux-mêmes et leur capacité d'empathie avec les autres, vers une coopération librement consentie (à travers les bunkais qui sont l'application à deux ou à plusieurs d'une partie d'un kata). Outre nos qualités physiques, nous cherchons ici à contrôler notre corps, préalable indispensable pour développer une sensibilité suffisante pour trouver le meilleur équilibre dans nos comportements et donc dans nos relations avec notre environnement et autrui entre apaisement et tension.
 
C'est en tout cas le chemin que j'ai choisi et que je souhaite transmettre à toutes les personnes curieuses s'interrogeant sur la voie des arts martiaux.
 
(*) extrait de mon livre sur ma rencontre avec Jean françois Demoulin :
 
"Sorti des sentiers battus, c’est un de ces rares guerriers qui a voué sa vie à son art. A travers lui, j’ai pu m’interroger sur la source de toutes ces techniques martiales. Il m’a fait comprendre que si leurs applications (que ce soient des projections, des clés ou des atémis) différent en apparence, la forme de corps pour les réaliser est identique, en respectant au mieux les lois bio-mécaniques. Il m’a démontré singulièrement que l’exécution d’un enchaînement technique, si elle est bien faite, doit rester invariable (ne pas confondre avec stéréotypée) quelle que soit l’action de son adversaire, seule la distance ou les réactions de celui-ci en changeant les conséquences. Comme cela, il m’a permis d’appréhender toute une panoplie de combinaisons en jouant seulement sur la libre expression des énergies et en mettant l’accent sur des principes tactiques fondamentaux, seuls éléments toujours variables par nature, car dépendants des réactions de notre adversaire et des contraintes extérieures (topologie du terrain, etc), pour nous ajuster vraiment en fonction des circonstances. Les principes qu’il utilise sont bien sûr plein de bon sens et bannissent surtout toute interprétation théorique, qui ne passe pas l’épreuve d’un combat même souple avec un partenaire ne faisant preuve d’aucune complaisance. Il m’a ensuite fourni la méthodologie pour se servir des rituels exposés à la fin du livre, inhérents à toute pratique martiale et qui peuvent permettre à chaque individu de s’accomplir, quelle que soit la direction qu’il souhaite donner à sa vie, en assumant pleinement ses choix. Nous avons d’ailleurs sur ce point de nombreux désaccords, car nos choix et nos comportements sont bien sûr différents en fonction de notre histoire et de nos ambitions, mais ils participent du même engagement pour les concrétiser en recherchant à aligner le plus possible tout notre être. Malgré nos malentendus, nous partageons ainsi cette exigence de chercher à comprendre tout ce qui nous arrive. "
 

Une nouvelle école : pour quoi faire ?

L'école créée par Hubert MAILLARD DE LA MORANDAIS et proposée hebdomadairement est avant tout une école de BUDO (voie du guerrier) pour développer l'esprit du GUERRIER PACIFIQUE en suivant la m
étaphore du guerrier : car il faut le courage du guerrier, sa volonté et son intelligence stratégique pour se libérer de ses chainages mentaux habituels entretenus par notre société de consommation, défricher, détruire chacun de ses préjugés pour construire une nouvelle conscience plus étendue; et pacifique, car c'est l'amour qui doit être notre motivation la plus élevée, le respect d'autrui et de son environnement, rempli de bienveillance.
 
 
La vie est un combat, dans le sens d'accepter d'abord qui nous sommes vraiment, pour ensuite polir nos aspects lumineux.
Cest un combat extérieur bien sûr contre les obstacles rencontrés, car notre monde est devenu de plus en plus complexe, mais c'est surtout un combat intérieur qui va déterminer notre perception de la réalité, nous engageant à cultiver le courage d'affronter nos peurs, nos failles et à chercher à les sublimer.
 
C'est avant tout une école de Ju Jitsu appelée par son créateur SHOSHIN-DO ou "voie de l'esprit du débutant" car Enseigner, c'est chercher la vérité ensemble en conservant l'esprit du débutant !
C'est une école de la maîtrise de Soi par la voie martiale

Les cours ont 2 buts poursuivis : savoir nous protéger et maîtriser nos peurs, developper nos habiletés individuelles et collectives, à travers :
- l'EVEIL à la corporalité et à la coopération (jeux de corps via les divers enchaînements techniques, "danse" guerrière à la façon capoiera, coopération en changeant de rôle entre celui qui subit et celui qui fait, et en aidant sans cesse son partenaire à progresser...)
- l'EVEIL à la confrontation librement consentie pour une meilleure habileté dans nos échanges (cours de self défense ou plutôt de self contrôle)
 
L'éveil à la corporalité consiste à retrouver la sagesse du Corps. C'est un système de gainage du corps en respectant les principes bio mécaniques des mouvements (animaux et humains). Il vise le rendre plus fluide, dans sa dimension spiralée (aux origines de la vie : http://www.espritsciencemetaphysiques.com/notre-modele-du-systeme-solaire-faux-depuis-debut.html) tout en le renforçant et l’assouplissant. Il est à la croisée des arts martiaux et des yoga, et il s’agit pour chacun d’explorer et de redécouvrir l’étendue des possibilités de son corps, en intégrant ses limitations (en fonction de son « histoire corporelle »). C'est un moyen d'exploration de son enfant intérieur, de connaissance de soi et du lien qui nous unit de façon interdépendante aux autres.
 
L'eveil à la confrontation consiste à trouver le bon espace entre tous les êtres humains et favoriser l'échange pour éviter les conflits. Améliorer sa perception de soi et de l'autre est la fondation d'une relation entre deux êtres. L'art martial permet une conversation de corps à corps, d'âme à âme et l'observation, l'échange non verbal remplace les mots trop limités et les questionnements.
 
C'est donc une Voie de développement personnel pour cultiver :
Compétences personnelles
- courage
- vigilance
- confiance en soi
- calme au milieu de la tempête, maîtrise de soi
- implication dans nos actes, motivation
Compétences sociales
- capacité d'empathie, d'écoute de l'autre
- adaptation et meilleure influence sur notre environnement
- sens de la coopération pour aller plus loin
 
"N'aurons un avenir, que ceux qui acceptent de changer !"
 
Lien Corps-Esprit : nous sommes nés avec notre corps physique que nous devons polir sans cesse pour améliorer nos qualités de base ou au moins en prendre soin pour conserver une aisance maximale tout au long de notre vie, sans peur de trébucher. Nous pouvons bien sûr le rendre toujours plus fort dans la cadre d'un entrainement sans fin, mais nous devons surtout améliorer la qualité de notre flexibilité et la légèreté de notre gestuelle. Mais toutes ces choses ont une limite. Cependant, une chose nous a été donnée sans aucune limite ou restriction, c'est la puissance de l'esprit : il n'y a pas plus illimité que le pouvoir de notre conscience (comprenant notre savoir inconscient), forte et rapide comme un sabre tranchant dans son mouvement.
 

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